medialogues

septembre 2, 2009

Qu’est ce que le journalisme citoyen ? 1/3

Filed under: retour sur... — camusard @ 10:04

Retour sur la séance du 13 juin 2009 consacrée aux médias citoyens et participatifs avec la participation d’Adrien Chauvin, journaliste indépendant, collaborateur du BondyBlog.

retrouvez  grâce à ce lien, un dossier complet sur la façon de penser cette nouvelle forme de journalisme

http://www.marsouin.org/IMG/pdf/Ruellan_13-2007.pdf

les élections en Afrique du sud 2/2

Filed under: retour sur... — camusard @ 9:35

Pour avoir un aperçu de la situation socio-économique en Afrique du sud aujourd’hui et de l’évolution de cette société qui connaissait encore l’apartheid au début des années 90, un reportage issu de “l’express” du 16 avril 2009. Le journaliste dresse un état des lieux du plus célèbre township d’Afrique du sud, Soweto, lieu emblématique de la lutte contre l’apartheid.

 

« Moi et mon troupeau, on ne bouge pas d’ici ! » Pile en face de l’ Orlando Stadium de Soweto, l’immense cité noire proche de Johannesburg où se joueront certains matchs de la Coupe du monde de football 2010, Themba Dlomo campe sur ses positions. A bon droit : lorsque cet éleveur de bétail s’est installé ici, voilà huit ans, le lieu n’était qu’un terrain vague mal famé où voleurs et criminels dépeçaient des voitures volées et assassinaient en toute impunité – « puis ils jetaient les cadavres à la rivière, en contrebas », précise Themba. Aujourd’hui, à l’approche du Mondial, la municipalité aménage un immense terrain de jeu pour enfants et veut le faire décamper. Bonne pâte, Themba est prêt à aller faire paître ailleurs son troupeau de chèvres et de vaches efflanquées. A condition qu’on lui alloue un lopin de terre équivalent, pas trop loin d’ici. « Une solution est en train d’être trouvée, explique-t-il. La municipalité et les voisins m’appuient. Tout le monde reconnaît que ma présence ici a favorisé la baisse de la criminalité. » Désormais, en partie grâce à lui, l’ancien coupe-gorge est devenu un quartier fréquentable.

 

Hier, à l’écart de la ville blanche

Près de vingt ans après la fin de l’apartheid (1991)- cette politique de ségrégation raciale, instaurée en Afrique du Sud en 1948 – et à une semaine des élections générales du 22 avril, à l’issue desquelles Jacob Zuma est certain d’accéder à la présidence (voir l’encadré page 70), la situation du « berger de Soweto » résume celle de l’Afrique du Sud. Ce pays de 50 millions d’âmes teste chaque jour sa capacité d’adaptation aux nouvelles réalités. Pour l’heure, et malgré les immenses inégalités héritées du passé, l’Afrique du Sud ne se débrouille pas trop mal.

Pour mesurer le chemin parcouru par la « nation arc-en-ciel » depuis la fin de l’apartheid et l’avènement de Nelson Mandela, rien de tel qu’une plongée dans Soweto. Avec son million d’habitants, venus des quatre coins du pays, la célèbre township où résidait Nelson Mandela reste l’un des meilleurs baromètres de l’Afrique du Sud. Ce qui oblige à se pencher sur son histoire. Dans les années 1950, le pouvoir afrikaner crée cette vaste cité-dortoir afin d’y parquer la main-d’oeuvre noire, objet de discriminations en tous genres. Au sud-ouest de Johannesburg, la South Western Township (d’où son nom : So-we-to) est idéalement située aux yeux des maîtres du pays : à l’écart de la ville blanche, mais pas trop loin des mines d’or de « Jo’burg », d’où la capitale économique tire sa fabuleuse richesse. A l’époque et pendant des décennies, le bidonville ne possède pratiquement aucune infrastructure digne de ce nom. Pas ou peu d’électricité. Pas d’eau courante. Pas de routes goudronnées. Et aucun bâtiment administratif, à l’exception d’écoles de seconde catégorie, où l’enseignement dispensé, volontairement médiocre, empêche toute réelle progression sociale et intellectuelle.

Jusqu’à la tragédie du 16 juin 1976, personne ou presque n’avait, dans le monde, entendu parler de Soweto. Mais ce jour-là, la township accède à la notoriété planétaire. Car le régime de l’apartheid vient en effet de décréter que l’afrikaans remplacera l’anglais comme langue d’enseignement dans les écoles. Seul problème : peu de Noirs savent parler l’idiome des Afrikaners au pouvoir. A l’appel du Congrès national africain (ANC, parti fondé en 1912, dont le leader, Nelson Mandela, croupit alors en prison depuis plus d’une décennie), les enfants et adolescents de Soweto défilent contre cet énième décret vexatoire. Les émeutes sont réprimées dans le sang. Et le ghetto est en flammes. Bilan : 600 morts, dont Hector Pieterson, 12 ans, martyr symbole de cette journée gravée dans la mémoire collective des Noirs sud-africains. Pour l’ANC, c’est le tournant qui marque le début de la lutte à mort contre l’oppresseur.

C’est peu dire qu’aujourd’hui, à Soweto, l’atmosphère et la géographie ont changé. Les routes sont goudronnées. Les baraques en tôle font progressivement place à des maisons « en dur ». Bars, restaurants, boîtes de nuit et même agences bancaires accueillent des clients. Depuis deux ans, Soweto possède même son centre commercial, le Maponya Mall, l’un des plus grands du pays, avec son cinéma multiplexe et ses inévitables fast-foods, qui ne sont pas pour rien dans les problèmes d’obésité naissants.

Ce n’est pas tout. Ces dernières années, des bed and breakfast et de petits hôtels ont fait leur apparition dans le paysage de la township qui, au demeurant, ne l’est plus : depuis 2004, Soweto a obtenu le statut de ville, non de bidonville. « Le tourisme connaît un boom », se réjouit Lebo Malepa, 33 ans, patron d’une auberge de jeunesse, le Lebo’s Soweto Backpackers. Avec ses guides, il propose des visites de Soweto à vélo. Au programme : la Vilakazi Street (« la seule rue au monde à compter deux Prix Nobel : Nelson Mandela et l’archevêque Desmond Tutu », répètent les Sowetiens), le Mémorial Hector Pieterson (qui commémore le massacre du 16 juin 1976), les hostels (anciens dortoirs du temps de l’apartheid) ou encore le musée de l’Apartheid. Les concerts de gospel dans une église locale et l’apéro dans un vieux shebeen, bar clandestin où les militants de l’ANC refaisaient le monde, sont en option. « Jusqu’ici, les touristes provenaient seulement d’Europe et d’Amérique, remarque Lebo Malepa, qui a fièrement tatoué un mot sur son avant-bras : « Soweto ». Mais depuis quelques mois, des Sud-Africains blancs déboulent par ici. Cela nous réjouit. C’est la preuve que le rêve de la nation arc-en-ciel est encore vivant. »

La politique ne fait plus vibrer

L’ancien « chaudron » de Soweto, théâtre de tant de drames, deviendrait-il « tendance » ? « C’est, en tout cas, ici que les choses se passent, tranche le très branché Nthato Mashishi, 32 ans, un styliste apprécié des people. La culture urbaine de Soweto définit la mode pour le reste du pays. » Et, croit-il savoir, l’histoire de l’apartheid n’y est pas pour rien : « Qu’il s’agisse de politique ou de mode, Soweto a toujours été à l’avant-garde. Et les gens d’ici le savent. Ils se disent : “Je viens d’un endroit connu dans le monde entier. Nos parents ont renversé l’apartheid. Alors, on peut bien s’habiller comme on veut et oser tous les styles.” »

Ces jours-ci, pourtant, les Sowetiens ont bien du mal à « vibrer » pour le scrutin du 22 avril. Car le suspense est des plus limités. L’Afrique du Sud vit de facto sous un régime politique de parti unique, en raison du prestige et de l’hégémonie de l’ANC. Une fois le candidat du parti désigné, en congrès, par les 500 000 « délégués » (une formalité réglée depuis décembre 2007), les jeux sont faits. Ce sont eux qui choisissent le chef de l’Etat, pas les 25 millions d’électeurs, même si formellement c’est le Parlement qui élit celui qui fait office à la fois de président et de chef de gouvernement.

En outre, Jacob Zuma, qui n’est pas un enfant de Soweto mais un natif de la province à majorité zouloue du KwaZulu-Natal (Est), ne suscite pas, loin de là, la même admiration que Nelson Mandela. « La vérité, c’est que la politique ne nous intéresse plus, résume Sibelo, un jeune chauffeur de taxi. Même si je demeure fidèle à l’ANC parce qu’il a libéré notre peuple, j’ai du mal à m’identifier à la génération ”historique” qui contrôle le parti. Les gens de notre âge ont d’autres préoccupations que la politique. Pour nous, il s’agit avant tout de s’en sortir. Et là, hey man ! C’est chacun pour soi… »

Quoi qu’il en soit, le pays dont hérite Jacob Zuma est en état de marche. Cette nation de 50 millions d’habitants dont les structures socio-administratives étaient conçues pour le service exclusif de 5 millions de Blancs a su trouver un relatif équilibre grâce à une croissance économique soutenue depuis 1994. Par le biais d’une politique d’affirmative action (discrimination positive), une classe moyenne noire, représentant 10 % de la population, a émergé. Mais, parallèlement, les inégalités, déjà abyssales, se sont creusées. Enfin, le chômage et la criminalité (50 meurtres par jour) ont grimpé en flèche tandis que l’épidémie de sida continue de tuer plus de 300 000 personnes chaque année.

« L’Afrique du Sud est l’un des pays du G 20 dont la croissance continue d’être positive, rappelle cependant Azar Jammine, directeur du cabinet de consultant Econometrix. « Notre système bancaire est sain. Les finances publiques sont mieux gérées que jamais. L’inflation est sous contrôle. Et, grâce au Mondial, nous avons lancé avec deux ans d’avance sur la crise mondiale un programme de dépenses d’infrastructures à faire pâlir d’envie Barack Obama. » Stades, aéroports, routes, chemins de fer, hôpitaux, télécoms, eau, électricité, éducation, santé : rien n’a été oublié.

« Trop peu soulignée, l’une des plus grandes réussites du président Thabo Mbeki (1999-2008) est sa lutte contre la pauvreté, menée via un programme massif de dépenses sociales », écrit Mark Gevisser dans un essai (1) qui paraît ces jours-ci à Londres et à New York. Environ 13 millions de Sud-Africains, soit un quart de la population, bénéficient d’aides sociales. Ils n’étaient que 3 millions dans ce cas voilà dix ans. Autre indicateur significatif : 80 % des foyers sont raccordés au réseau électrique. C’est insuffisant, bien sûr, mais cela constitue tout de même un progrès.

Chaque nuit, c’était la peur du feu

Aujourd’hui, c’est dans le domaine de l’habitat que porte l’effort principal. De 1994 à 2008, 2, 7 millions de nouveaux logements ont été construits. A Soweto, la transformation urbaine est visible à l’oeil nu. D’une année à l’autre, la proportion de personnes qui habitent dans des « squatter camps » (les quartiers de baraques en planches aux toits en tôle ondulée) recule, grâce aux programmes de logement gouvernementaux.

Originaire d’un village du Kwazulu-Natal, la région de Jacob Zuma, Joslinah Xhosa, 33 ans, a ainsi (sur)vécu pendant dix longues années dans un de ces « camps de squatters » aux ruelles putrides. « Là-bas, raconte cette femme qui respire la joie de vivre, il y a deux dangers : les voleurs et le feu. Chaque nuit, on s’endort avec la crainte qu’un incendie se déclare chez un voisin : dans ce cas-là, tout le bidonville y passe… » En 2008, après des années à patienter sur une liste d’attente, elle, son mari et leurs trois enfants ont enfin été relogés (gratuitement, c’est la règle) dans une maison en dur. Pour la première fois de son existence, Joslinah Xhosa possède un vrai toit, l’eau courante et l’électricité. « Je suis si heureuse », dit-elle simplement quand on lui demande ce qu’elle éprouve à cet instant. Et lorsque, sur le pas de sa maison de 30 mètres carrés, on l’interroge afin de savoir pour qui elle votera le 22 avril, la réponse fuse, avec un large sourire : « Pour ceux qui ont changé ma vie. »

LA « NATION ARC-EN-CIEL »

 

Nom officiel :République d’Afrique du Sud.

Capitale: Pretoria.

Chef de l’Etat sortant : Kgalema Mothlante.

Population :48, 7 millions d’habitants (32 % ont moins de 15 ans et 7 % ont plus de 60 ans) (estimation mi-2008 – Statistics South Africa).

Densité :39 hab./km².

Chômage : 21, 9 %.

Monnaie :rand.

Superficie :1 219 912 km².

Croissance : 3, 1 % (2008).

Langues officielles : afrikaans, anglais, isindebele, isixhosa, isizoulou, sepedi, sesotho, setswana, siswati, tshivenda, xitsonga.

 

 

 

 

 

 

les élections en Afrique du sud 1/2

Filed under: retour sur... — camusard @ 8:37

Retour sur la séance du 16 mai 2009 consacrée aux élections en Afrique du sud et à la victoire de Jacob Zuma.

Pour commencer un entretien avec le grand écrivain sud-africain, André Brink, auteur du roman “Au plus noir de la nuit” en 1974 qui décrit la société sud africaine des années 70 et le régime de l’apartheid. Ce livre sera interdit pour pornographie. Cette interdiction le poussera à traduire lui-même son roman en anglais afin de rechercher à l’étranger l’audience qu’on lui refuse dans son pays.

En France, il obtient en 1980, le prix médicis étranger pour “une saison blanche et sèche”. André Brink poursuit l’élaboration d’une oeuvre qui fait de lui l’un des écrivains contemporains les plus reconnus dans le monde, l’une des voix majeures de l’Afrique du sud depuis une trentaine d’années.

Aujourd’hui, il vit et travaille à Cape Town. Ses mémoires “a fork in the road” paraitront chez Actes sud en 2010.

 Entretien issu du journal “Le Monde” du 22 avril 2009.

A la veille des élections générales sud-africaines, qui devraient, mercredi 22 avril, voir le parti de Nelson Mandela, le Congrès national africain (ANC), enregistrer sa quatrième victoire successive depuis l’émergence de la démocratie en 1994, André Brink, le grand écrivain, auteur d‘Au plus noir de la nuit, a confié son ” immense déception ” au Monde. A 74 ans bientôt, le célèbre intellectuel afrikaner, qui a lutté contre l’apartheid et voue encore ” une admiration sans bornes “ à M. Mandela, livre ses espoirs et ses craintes pour le pays après l’élection attendue de Jacob Zuma à la présidence de la République.

Vous déclarez que l’ANC est devenu ” l’ennemi du peuple sud-africain “. Comment expliquer que ce mouvement de libération n’ait pas su éviter, au pouvoir, les erreurs que tous les autres ou presque ont commises ?

C’est ma plus grande déception personnelle. Je ne peux ni l’expliquer ni l’accepter. Je ne le pourrai jamais. A l’époque où l’ANC était encore en exil, et où je rencontrais ses leaders un peu partout dans le monde, j’avais développé un respect, une admiration et de grandes amitiés parmi eux. Il y avait là des gens vraiment remarquables. Et puis, après quelques mois seulement au pouvoir, on a vu que certains se laissaient déjà aller aux abus. L’un des rares que je respectais encore récemment est Trevor Manuel - le ministre des finances – .Et puis il y a eu l’affaire du dalaï-lama à qui on a refusé un visa d’entrée en Afrique du Sud, ce que M. Manuel a justifié de manière inacceptable. Je ne comprends pas.

Que pensez-vous de Jacob Zuma ?

Je ne l’ai jamais rencontré. A priori, je n’en ai pas envie. Encore que cela m’intéresserait sur un plan personnel. Apparemment, cet homme jouit d’un étrange charme, d’une sorte de charisme qui s’insinue dans ceux qui le rencontrent, dont certains sont des amis à moi. Comme Nelson Mandela, il est récemment allé à Orania, ce petit village où se sont retranchés les derniers militants purs et durs de l’apartheid. C’est étrange.

Il y a sa récente déclaration qui a irrité les Sud-Africains d’ori-gine britannique, selon laquelle, ” seuls les Afrikaners forment une véritable tribu africaine “…

Oui, c’est du Zuma tout craché. Il y a chez lui une sorte de sincérité désarmante parfois. L’inquiétant est qu’il peut dire une chose et son contraire dans la même journée. C’est un populiste authentique qui dit toujours à ses auditoires ce qu’ils ont envie d’entendre. Le pire est qu’il est chaque fois sincère. Il a des sincérités successives, variables. C’est un grand acteur pour qui la vie, la politique, sont une grande pièce de théâtre.

Pendant sa campagne, il a semblé jouer la carte zouloue, peuple dont il est issu, contrairement à Nelson Mandela ou Thabo Mbeki, qui sont Xhosa. Faut-il craindre l’introduction du tribalisme en Afrique du Sud ?

Ce n’est pas impossible. Dans l’Afrique du Sud d’aujourd’hui, tout semble possible. Rappelez-vous les affrontements sanglants entre les Zoulous du chef Buthelezy et les militants de l’ANC, dominée par les Xhosa en 1990-1991. Mais je ne crois pas qu’il s’agisse là du danger le plus important auquel nous sommes confrontés. C’est le populisme de Zuma, sa tendance à jouer de chaque frustration, y compris celles, et elles sont nombreuses, de la majorité de notre peuple qui me font peur. Cet homme n’a pas de vision claire de ce qu’il veut faire, de ce qu’il faudrait faire dans notre pays. Il veut plaire à tous. Ce n’est pas un leader d’opinion, c’est quelqu’un qui a plutôt tendance à suivre la vox populi. Démagogue est le terme qui s’applique le mieux à lui pour l’instant.

Sa victoire peut-elle accélérer le rythme de l’émigration blanche ?

Je le crains. C’est grave parce que c’est surtout l’élite professionnelle dont le pays a besoin qui s’enfuit. Pas seulement blanche d’ailleurs, mais aussi, de manière croissante, les Noirs, comme on le constate dans l’enseignement, dans les sciences, et la culture en général. Au reste, le phénomène est dû en grande partie à la criminalité et il n’est donc pas impossible, si la situation s’améliore sur ce plan, que ces émigrants reviennent.

Vous allez voter le 22 avril ?

Oui, mais certainement plus pour l’ANC. Helen Zille, qui dirige l’Alliance démocratique - principal parti d’opposition qui domine la province du Cap occidental – , est quelqu’un de formidable, qui fait du très bon travail. J’ai de l’admiration pour cette femme que je connais depuis l’époque où elle combattait l’apartheid. J’ai un peu honte, parce que ce parti est dominé par des Blancs, mais quel est l’autre choix possible ?

Après l’agression subie par votre fille en 1999, puis l’assassinat de votre neveu quelques années plus tard, pensez-vous que la situation se soit améliorée ?

Non, pas vraiment. On a parfois l’impression que oui. La police le prétend en tout cas. Malheureusement, on ne peut pas accorder foi à ses statistiques, on sait qu’elles sont fabriquées. D’ailleurs, depuis quelque temps, plus aucune statistique criminelle n’est publiée, alors…

L’Afrique du Sud doit organiser la Coupe du monde de football en 2010. Sera-t-elle prête ?

Sur le plan matériel oui. Les stades et les infrastructures se construisent et tiendront sans doute les délais. Mais sur le front de la sécurité, j’ai l’impression que les autorités n’ont pas encore pris la mesure du problème. Une seule attaque de gangsters organisés sur un autocar de touristes et ce sera la catastrophe.

Corruption, criminalité, émigration… Pourtant, vous, vous dites toujours : ” Moi, je reste. “…

Oui. C’est ce que je veux. J’éprouve, comme la plupart des Sud-Africains, noirs et blancs, ce sentiment un peu pervers que tout finira par s’arranger, un refus d’accepter l’idée que tout ce que nous avons réalisé ces dernières années était futile. Je ne peux pas garantir que je resterai ici chez moi jusqu’à ma mort. J’apprécie les signes que m’apporte l’actualité au jour le jour. Tant que je le pourrai, je resterai.

Propos recueillis par Patrice Claude

septembre 1, 2009

Du nouveau sur la toile

Filed under: les rendez-vous à la médiathèque — camusard @ 4:12

Ce blog a été conçu pour servir de base documentaire et d’outil de communication à destination des participants de l’atelier « revue de presse » de la médiathèque Albert Camus à Epinay-sur-Seine.

L’ambition de cet atelier est de proposer un parcours thématique à travers la presse et les médias, de s’interroger sur l’émergence des nouveaux médias liés à internet et à la façon dont ils influencent les médias dits traditionnels, de la presse écrite à la télévision en passant par le photo-reportage, le dessin de presse et la presse satirique…

Tout au long de l’année 2009/2010, nous aborderons également des grandes questions comme la liberté de la presse aujourd’hui ou le travail des correspondants étrangers en France…

Nous donnons donc rendez-vous à toutes les personnes intéressées chaque 1er samedi de chaque mois.

Premier rendez-vous, le 12 septembre 2009 à 10h à la médiathèque Albert Camus, 11 rue Félix Merlin, 93800 Epinay-sur-Seine, 01.48.41.70.29

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